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Reflets arc-en-ciel dans un miroir qui tombe
Je passais l'autre jour non loin de cette pierre
où l'on me dit que tu reposes.
J'y laissai derrière moi deux trois brins de bruyère
sur la surface plane et rose.
Où vont-ils donc les enfants morts et leurs cortèges de silence
quand leurs rires se sont tus, que s'est tue la souffrance,
rien ne s'achève encore.
A tenir contre moi le corps chaud de ma fille
j'ai du mal à me rappeler
ce temps où nous jouions aux billes
corps contre cœur sur les pavés.
Le duvet de tes joues, le satin de sa peau…
Et notre enfance mise en terre.
Voici que montent à mes yeux, au souvenir de toi,
les larmes de notre mère.
16 septembre 1998